Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 18:30

Locution latine que n’aurait pas renié « Triple-patte », le fidèle compagnon de Barbe rouge et de Baba (vous savez, le gros black dont le principal passe-temps est de crier « les gau… les gau-gau…les gauloooooiiiiis », du haut de sa vigie) ! Vous l’aurez deviné, à moins que vous ne soyiez complètement con (auquel cas, vous ne seriez pas sur ce blog, vous, l'élite des lecteurs de la blogosphère), c’est de Astérix, le quinquagénaire le plus célèbre de la bd, dont il sera question aujourd’hui !

 

 

Effectivement, mercredi j’ai eu un com d’une certaine Clara (si ton nom de famille est Morgan, je t’autorise à me contacter via ma messagerie perso) sur un vieux papier (Octobre 2009) consacré à la sortie du 34ème album d’Astérix. Clara dit se languir à force d’attendre la sortie du nouvel opus… et moi aussi ! Mais, contrairement à elle, j’ai quelques infos ! Enfin, « info ou intox », à vous de juger…

 

1781jpg-4cac4cac-28fb6.jpg

(ça c'est juste pour rester dans le sujet

et rendre hommage à ce talentueux cet artiste homme aujourd'hui fondu disparu... par Dispater,

le dieu gaulois de la mort, forcément...)

 

En fait, à la fin du mois de juillet dernier, j’ai reçu un coup de fil de mon vieux pote Bébert, Albert Uderzo pour les non-intimes :

   - Allo Whynot, salut ma couille (nous sommes très liés), comment tu vas ?

   - Ah, salut toi, pine d’oursin (vraiment très liés) ! Ben écoute, comme des vieux, tu vois forcément ce que je veux dire, gniark gniark gniark…

   - Sale con ! Bref, je te téléphone pour te souhaiter un joyeux anniversaire !

   - Merci, c’est sympa ; il est où mon cadeau… ?

   - Ah meeeeeeeeeeerdeeeeeuuuuu, j’ai complètement oublié ! Ecoute, je te propose un deal, pour ton prochain anniversaire, je t’offrirais mon dernier album, le 35ème volume des aventures d’Astérix, ça te dis… ?

   - No problemo, fais péter !

 

Et c’est la raison pour laquelle la date de sortie couramment annoncée serait aux alentours de mon anniversaire… mais comme ça tombe un dimanche, ça serait pour le vendredi d’avant !

 

Du coup, si on en croit les bruits de couloirs, il ne resterait que quelques mois, un peu moins de cinq, pour découvrir ce nouvel album tant attendu ! Et il serait temps, parce qu’à force de ne rien foutre, nos deux héros commencent vraiment à faire n’importe quoi !!!

 

20100816-1356_McDoAsterix.jpg

(Horrible... par Belenos !!!)

 

Côté scénario, le nom de Christophe Arleston a circulé… Cet homme qui se diversifie constamment ! J’en ai pour preuve les différentes séries qu’il scénarise : « Lanfeust de Troy », « Trolls de Troy », « Le monde de Troy », « Gnomes de Troy », Lanfeust des étoiles », « Les conquérants de Troy », « Lanfeust quest », « Légende de Troy », « Lanfeust Odyssey » et « Cixi de Troy » ! Super diversifié, non… ? N’empêche, ce type qui n’était qu’un parfait inconnu il y a encore une quinzaine d’années, est désormais un monstre de la bd (merci Lanfeust… et les éditions Soleil), et sympa avec ça !

 

Cixi_Strip_72a.jpg

(Cixi, mon personnage préféré de C. Arleston, allez comprendre pourquoi...

RHA LOVELYYYYYYYYYYYY... par Gotlib !!!)

 

Bref, Arleston au scénario ; cette info a été balancée sur un site spécialisé en bd, réputé fiable… à part que c’était le premier avril dernier ! Du coup, ça tombe un peu à l’eau…

 

En fait, il semblerait que ce soit Uderzo qui sera au scénar. De toute façon, son « état » ne permet plus au CHAMPENOIS (et oui m’sieurs dames, il est natif de Fismes cet homme là) de dessiner aussi bien qu’avant… Je ne parle pas de son daltonisme ni de ses doigts en trop (puisqu’il ne les a plus, il est né avec 6 doigts à chaque main et a été opéré étant bébé), mais de ses problèmes articulaires… En même temps, il soufflera ses 84 bougies le 25 avril prochain, autant dire que, lui non plus, « ce n’est pas un perdreau » de l’année, comme dirait le père Champix !

 

Bref, si Albert Uderzo est au scénario, qui sera le dessinateur… ? En fait, cette question est mal posée, je devrais plutôt dire qui SERONT LES dessinateurS ! Car effectivement, il semblerait que le prochain album sera dessiné à 4 mains, par les frangins Mebarki (Frédéric & Thierry) qui collaborent avec Uderzo depuis une petite trentaine d’années (merchandising, encrage, colorage), et peut-être même une paire supplémentaire (et je parle bien des mains) : celle de Régis Grébent, autre précieux collaborateur du grand Albert !

 

En tout cas, il serait temps que ça sorte, parce que là, les deux héros m’inquiètent sérieusement…

 

asterix-chien.jpg

(en même temps, il n'a pas tort... par Toutatis !!!)

 

Et côté scénario justement, « quel sera le thème du nouvel album ? » vous demandez-vous certainement (et légitimement)… Et bien j’ai une info du tonnerre que je tiens d’Uderzo lui-même : « J'ai une idée. Plusieurs même. Pour le moment, je ne peux pas encore vous en parler. C'est amusant, mais quand j'ai commencé à mettre en place la succession d'Astérix, aux Éditions Albert René comme chez Hachette Livre, nous avons reçu des centaines de propositions de dessinateurs. Mais pas une seule de scénario ! Pour l'instant, je garde la main sur les histoires d'Astérix. Après la mort de René, tout le monde avait dit que les albums d'Astérix ne plairaient plus aux lecteurs, surtout avec mes scénarios. Je pense avoir prouvé le contraire ! Je suis pour l'instant le mieux placé pour savoir le travail que représente une nouvelle histoire d'Astérix. Curieusement, quand j'imagine un nouvel épisode, mon cerveau boucle toujours l'histoire en 44 pages ! Magique non ? » Voilà, vous savez tout… c'est-à-dire rien !

 

Mais quand même, faudrait vraiment trouver à les occuper ces deux là, sinon je sens que ça va mal finir…

 

obelix.jpg

(petite bistouquette... par Epona !!!)

 

Et pour abandonner un peu le 9ème art au profit du 7ème, là aussi ça bouge ! En effet, le tandem Delbosc-Missionnier qui vient de remporter un franc succès avec Le Petit Nicolas adapté des histoires de Sempé et Goscinny, se sont lancés dans la production d'un quatrième épisode adapté d'Astérix chez les Bretons. Laurent Tirard le réaliserait. Et si les bruits de couloirs s’avèrent exacts, le 5ème film d’Astérix serait l’adaptation du tour de Gaule d’Astérix (mon préféré), album dans lequel on découvre pour la première fois un personnage qui deviendra récurent dans la série ; je vous laisse deviner lequel…

 

Mais en tout cas, ça urge, ’faut absolument faire quelque chose là…

 

nils_starduix_800.jpg

(ah ben ça... par exemple !?!)

 

 

Voilà toutes les infos que j’ai en magasin ; j’espère avoir apaisé ta langueur Clara !

Sur ce, on se retrouve… la prochaine fois !!!

Ps : la traduction du titre de ce papier, pour ceux qui ne sont pas aussi bons latinistes que moi, se traduit par : le ciel lui est tombé sur la tête…


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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 19:02

Salut à vous, fidèles lecteurs, et plus particulièrement à vous, fidèles lecteurs bédéphiles (à ne pas confondre avec « zoophile », c’est pas pareil… même si l’un n’empêche pas l’autre, n’est-ce pas FLB ?!?). Mon précédent papier ayant fait de nombreux émules et m’ayant valu, une fois de plus, la saturation de ma boite mail, me revoilà pour un rapide passage sur la blogosphère afin de répondre à une question récurrente dans tout ce courriel reçu. Voilà un petit extrait de deux ces mails :

 

 

Ce premier message est signé d’une certaine Adriana K. :  […] Je te trouve vraiment d’une intelligence et d’un humour fabuleux et, pour t’avoir vu dans le dernier « Journal du hard », d’une beauté à couper le souffle, même à moi qui ait pourtant une sacré capacité pulmonaire. […].

 

Mais comme c’est un peu hors-sujet et que ça touche à ma vie privé (on n’est pas dans le loft là, bande de voyeurs va !), passons directement au second extrait, signé B.C. cette fois et en provenance de Madrid :

 

 

[…] Pour le moment, je viens de repérer un truc que j'ai envie de découvrir : "Paracuellos", et comme un con, le nom de l'auteur m'échappe pour le moment...
Et là, pour illustrer ce que je te disais précédemment, je me dis que j'ai peut-être l'air d'un blaireau, et que si ça se trouve, c'est "la honte" de vouloir lire ça...tu vois ce que je veux dire ? […] (je ne vous mets pas l’intégralité du mail, mais en remercie une fois de plus son auteur)

 

 

Cher B, je vois tout à fait ! Moi-même, il y a de ça quelques semaines, lors d’un diner mondain chez un ambassadeur (dont les soirées sont toujours un succès, merci Ferrero), dont je tairais le nom (je peux juste dire que c’était à Tunis), j’ai également eu l’air d’un blaireau lorsque j’ai  abordé l’œuvre de Oui-oui, la complexité du personnage, sa recherche de la vérité dans le pays des jouets, son attirance équivoque avec Potiron, etc.

Expérience réitérée le week-end dernier lors de la traditionnelle partouze chez les Durand quand, au bord de l’extase sexuelle avec une demi-douzaine de jeunes mannequins callipyges suédois, tandis que mon camarade FLB s’amusait avec Sarko  (leur épagneul breton, auquel ils avaient d’ailleurs eu la délicatesse de couper les griffes cette fois, Flb a trouvé ça mieux m’a-t-il dit), j’ai ôté ma cagoule de cuir afin de débattre sur la profondeur de « Blast » (qui n’est pas une des mannequins susnommée, mais la dernière œuvre de Manu Larcenet), la personnalité tellement tourmentée mais aussi tellement(sur)humaine de Polza Mancini, le héros de cette bd « troublante » (j’ai un peu de mal à trouver le mot qui convient le mieux)…

 

 

Moralité : selon l’interlocuteur, on peut peut-être passer pour un blaireau, mais l’important c’est tout de même de se faire plaisir… Or, avec « Paracuellos », non seulement tu ne passeras pas pour un con, mais en plus tu te feras plaisir ! De plus, je te félicite d’avoir choisi cet auteur pour t’initier au 9ème art, très bon choix ! En même temps, étant à Madrid, tu n’avais guère d’autre choix que ce Madrilène d’origine. Être en Espagne et passer à côté de cette figure de la bd ibérique serait comme être en France sans lire Gotlib, être en Allemagne sans lire Ralf König, être en Belgique et ne pas boire une bonne bière ou, pire encore, être sur la blogosphère et ne pas lire mon blog, une hérésie !!!

 

 

Bref, si je vous dis « Carlos », vous pensez à quoi… ? Terrorisme, attentat, bombe, big bisous, papayou et autre tireli ponpon sur le Chihuahua… ? Tout faux ! Quoique, en parlant de Carlos, j’ai toujours en mémoire ce petit joyau de l’information radiophonique :

 

 

 

 

 

Merci France bleu Ile-de-France, mais en fait, c’est de ce Carlos là dont je souhaitais vous entretenir, Carlos Gimenez :

 

http://www.babelio.com/users/AVT_Carlos-Gimenez_7180.jpeg

 

L’auteur de Paracuelos (ou plutôt DES paracuellos car à ce jour (et à ma connaissance) il y a 3 volumes de parus). La série est également disponible en intégrale (brochée s’il vous plait) pour une somme assez modique vu le bouquin en question… récompensé l’année dernière à Angoulême par le Prix Fauve dans la catégorie « patrimoine ».

 

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/paracuellos.jpg

 

Mais fi de la forme et intéressons-nous plutôt au fond (car « au fond, j’suis pas si con » comme disait l’autre, qui n’avait pas oublié de l’être… con…).

 

 

Paracuellos est une œuvre autobiographique qui se penche sur l’enfance de Gimenez, une enfance difficile passée au sein d'organismes religieux très stricts de la dictature franquiste. Mais, mieux que moi, Môssieur Gotlib saura présenter Gimenez :

 

 

« Né le 6 mars 1941, Carlos Gimenez est actuellement en Espagne, l’un des plu simportants auteur de BD (en espagnol : PM, pour Pequeno Miquada). Jusque là, rien de bien extra-ordinaire. En effet, c’est déjà arrivé à pas mal d’auteur de bd d’être importants, de naître dans un pays donné, et ce, à une date précise.

Mais, événement capital dans la vie de Carlos Gimenez, à l’âge de 6 ans, il est placé comme interne dans un Centre de l’Assistance Publique Espagnole. A partir de ce moment là et jusqu’à 14 ans, il est transbahuté d’un centre à un autre durant 8 années. Cela se passait sous le règne d’un vieux général dont le nom m’échappe, mais qui portait, si mes souvenirs sont exacts, un pompon à son chapeau. En ce temps là, le sabre et le goupillon, là-bas, s’aimaient d’amour tendre et pesaient lourd sur la tête des mômes qui vivaient dans ces centres. Aujourd’hui, le général en question est embaumé et Carlos Gimenez a entrepris de conter les merveilleux souvenirs de sa folle jeunesse, regroupé sous le titre générique de « Paracuellos », du nom de l’un de ces centres. De chaque événement qui l’a marqué, aussi infime soit-il, de chaque anecdote ou mésaventure, vécus en ces verts paradis, il a tiré deux pages bourrées de gags désopilants à se taper la tête contre le mur et à mouiller son froc de rire. [...]» (Préface tirée du premier tome de « Paracuellos »)

 

Merci Marcel ! J’ajouterais seulement qu’effectivement, c’est drôle, mais tout est relatif… Je ne suis pas vraiment certain que ça puisse faire rire tout le monde tant la « cruauté » (le terme est un peu excessif, mais je n’en ai pas d’autre sous la main pour le moment) dont ont parfois été victime Gimenez et ses camarades est pafois « border-line »… mais bon, moi en tout cas, j’aime !

 

 

Le trait de Gimenez est vraiment particulier : il est… espagnol ! Je n’ai pas fait d’école d’art (en même temps, je n’ai pas fait d’école du tout, comme ça on gagne du temps), je ne sais même pas si, à l’instar de la ligne claire franco-belge, il existe une ligne espagnole, mais c’est l’impression qui se dégage des dessins… ou tout du moins est-ce l’impression que j’ai !

 

 

Outre « Paracuellos », cher B.C., je ne saurais que trop te conseiller « Amor, amor !! » (1991), « Amour toujours » (1993) et la série « Aux risques de l’amour » (3 volumes parus entre 1994 & 1996), cinq (merveilleuses) bd parues aux (non moins merveilleuses) éditions Audie (« Fluide Glacial » pour les profanes) !

 

 

Pour le plaisir, deux petits extraits :

 

http://1.bp.blogspot.com/_iuhJf5GGxRQ/TCmaR0vmZHI/AAAAAAAABaI/3yTXYaZ0MPI/s1600/paracuellos-2.gif

(tiré de "Paracuellos t.1)

 

 

9782858151400p1.jpg

(tiré de "Amor, amor !!"

première planche d'une histoire (géniale) qui en compte 17,

volume possédant une post-face, pour le moins ditirambique, de Marcel Gotlib & Diament)

 

Je suis conscient que ces petits extraits sont loin de rendre grâce au génie de Gimenez, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur le net et comme j'ai laissé mon scanner à Maisons-City...

 

Voilà, j'espère avoir un peu éclairé ta lanterne B.C. et si tu as besoin d'autres renseignements et/ou conseils sur n'importe quelle bd, je serais ravi de t'aider... si j'en ai les compétences, sait-on jamais ! Et bien sûr, ça vaut pour vous tous, fidèles lecteurs chéris de mon coeur, grands fous va !!!


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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 15:16

MAUS

 

 

C’est effectivement cette bd qui a recueilli le maximum de suffrages de la part du jury au dernier festival d’Angoulême…. Mouais… Ben si j’avais été dans le jury, j’aurais pété LE scandale !!! Selon moi, cet ouvrage est LOIN de mériter le Grand Prix qui lui a été attribué il y a trois semaines de ça… Enfin bon, j’dis ça, j’dis rien hein (comme dirait Jayce) !

 

maus_hc.gif

 

Alors, pour commencer, parlons un peu de l’auteur, Art Spiegelman,  Ce « prolifique » auteur (pensez donc, 8 ouvrages en 40 ans de carrière, c’est ENORME) n’a brillé que par son implication dans la bande dessinée underground américaine dans les 70’s (ce qui, j’avoue, est déjà pas mal) ainsi que par la parution de « Maus », l'œuvre dont il est question aujourd’hui et qui lui a déjà valu le Pulitzer en 1992 et l’Alph-Art (prix du meilleur album de l’année au festival d’Angoulême) en 1993. Je pense que c’est là l’essentiel à connaître pour les profanes de l’individu (dont je suis). On peut également dire qu’il est né le 15 février 1948 à Stockholm et qu’il a une tête de gland ce qui, convenons-en, ne fait guère avancer le débat ! Par contre, et je suis sûr que l’anecdote plaira à ceux de mon âge : il a aussi illustré de nombreux et divers autocollants et paquets de cartes à collectionner (les Garbage Pail Kids qui, en France, devinrent les…. Crados ! Et ça, c’est la classe) !

 

art_spiegelman_2007.jpg(c'est l'auteur hein, par un des Crados)

 

Bref, ceci étant dit, penchons-nous à présent sur Maus…

 

De prime abord, cette bd ne ressemble pas à une bd, mais plutôt à un roman (de par le format seulement). Impression déjà ressentie avec « Black Hole », de Charles Burns (un autre américain) récompensé au festival d’Angoulême en 2007. Autre similitude, l’absence de couleur à l’avantage du noir et blanc (ce que je peux apprécier si l’histoire le nécessite, comme c’est le cas dans ces deux cas).

 

Autre impression négative : l’odeur ! Quand j’ouvre une bd, habituellement, une odeur agréable s’en dégage. Là, non, ça sent le plastique, SACRILEGE !!! Mais le pire, à mon goût, c’est de sacrer un album paru il y a plus de 20 ans ! Je trouve que ça retire toute crédibilité au jury sur ce coup là… Enfin bon, ce n’est que mon avis…

 

Quant au prix, 30€, je trouve ça un peu abusif ! Pour un bouquin de 300 pages, ça nous fait la page à 10cts, ce qui fait cher la ramette !  (« Black Hole » au moins, est plus rentable : 29.90€ pour 350 pages… et encore, comme vous le savez tous, je suis un nanti !!!)

 

Pire encore : Manu Larcenet était en lice pour remporter ce prix et je trouve inadmissible qu’il ne l’ait pas eu ! Mais bon, fi de cette partialité qui ne me sied guère et faisons comme si…

 

Bref, vous l’aurez compris, sur la forme, je ne suis pas vraiment emballé (pour ne pas dire que je trouve ça carrément à chier)… Mais sur le fond, sans déconner, c’est quand même un putain de bon bouquin (avec toute la retenue dont je suis coutumier… ou pas) !!!

 

« Maus » est un peu autobiographique ; c’est l’histoire de Art Spiegelman qui interview son père, d’obédience juive, rescapé des camps de concentration, afin d’en faire une bande dessinée (de l’histoire, pas de son père, suivez un peu merde alors). Ce qui donne lieu à quelques mises en abîme plutôt adroites (planches 102 à 105, pour savoir de quoi je parle, « z’avez » qu’à lire le bouquin).

 

maus05.jpg

 

On suit donc, de flashback en flashback, la vie de Vladek Spiegelman, de sa Pologne natale au début des années 30, jusqu’à sa sortie du camp d’Auschwitz en 1944, sa fuite en Suisse puis son arrivée aux Etats-Unis. C’est une période sombre de l’Histoire et le trait de Spiegelman sert admirablement bien la narration.

 

On connait (plus ou moins) les horreurs dont a été victime le peuple juif en ces temps obscures, le témoignage de Vladek y apporte une dimension supplémentaire. Le marché noir, les cachettes sommaires, les combines pour dénicher un bout de pain, une plaque de chocolat ou autre denrée rare afin de les monnayer contre une chaussure, une ceinture ou un peu de protection. L’horreur des camps, leur quotidien, les différentes « brimades » (et le mot est tellement faible), le fonctionnement des « douches » puis des fours… La séparation des familles, la mort omniprésente… La lâcheté de certains juifs, l’humanité de certains allemands.

 

254186146.jpg

 

Comme je l’ai déjà dit ailleurs, « on ne se marre pas à toutes les pages »… Et pourtant, mâtin, l’humour a également sa place. Et c’est bien là le paradoxe : le drôle côtoie l’horrible. L’anthropomorphisme est pas mal foutu aussi : les juifs sont des souris, les polonais sont des porcs, les alliés sont des chiens et les allemands, bien sûr, sont des chats… On croise également un français : caricaturé en grenouille, forcément !

 

52593695.jpg

 

Si je devais donner une note à cette bd, je mettrais un 14/20 ! Par contre, JAMAIS je ne lui aurais attribué le Grand Prix d’Angoulême… en même temps, on ne m’a (encore) jamais proposé de faire parti du jury… ce qui est dommage, j’aurais accepté avec grand plaisir !

Autre ombre au tableau : en tant que grand gagnant cette année, Spiegelman sera président de l’édition 2012 du festival d’Angoulême… ben ça fait peur quand même ! Quand la présidence du festival avait été confiée à Joann Sfar en 2005, l’originalité, la nouveauté et la bonne humeur étaient de mise, j’ai peur qu’au contraire, avec Spiegelman en 2012, on se fasse bien chier comme il faut !

 

 

jpg_MAUS_3.jpg


Mais tout cela n’est que mon avis ! Procurez-vous le bouquin et donnez-moi le votre (d’avis, pas de bouquin, bande de sots)… FLB, dès qu’on remonte, je te le prête pour que tu me donnes le tien (D’AVIS, pas de bouquin, vous êtes chiants à la fin !!!)


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  • 17/07/1974

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