Naviguant ça et là aux confins de la blogosphère vitryolaise, j'ai cru bon de remettre à (un peu) plus tard mon billet d'humeur politico-nimportequoitiste ; un autre sujet s'impose :
la presse locale...
Aux quatre coins du microcosme virtuel vitryat, jaillit depuis quelques temps déjà une plainte lancinante quant à la qualité d'un journal que je ne nommerai pas (par crainte de fournir un encart publicitaire gratuit à L'Union au journal en question).
Le cul entre deux chaises, le doute Massaï. En effet, telle cette ethnie du Kenya (et du nord de la Tanzanie) face à la sécheresse, j'assiste également, dans une toute autre mesure, à une certaine injustice (ça n'engage que moi) !
Sans me faire l'avocat du diable (ni de rien d'autre en particulier d'ailleurs), je me pose toutefois cette question quand, la fin de journée et ses nuages rougeoyant s'étirent lentement face à moi qui, baigné par le parfum suave de l'encens, assis en lotus, nu, médite sur l'avenir de la barrière de corail australienne, la fonte de la banquise ou l'augmentation du prix des fourrures en peau de bébé phoque (les salauds, c'est une honte : ça devient hors de prix de se vêtir correctement de nos jours !) :
"Mais diantre,
quels sont donc les griefs qu'ont ces quelques mécontents
à l'encontre de ce quotidien,
bordel de merde ?"
Ouvrons là --> ( une parenthèse. Oui, souvent lorsque se présente à moi une question existentielle de l'ampleur de celle ci, je perds tout sens commun et c'est non sans qu'une certaine rougeur envahisse mon front désespérément dégarni du moindre signe capillaire que je me laisse aller à une grossièreté qui, je l'avoue, sied mal aux gens de mon rang. Mais fermons ici --> ) cette parenthèse déjà bien trop longue.
Outre les sempiternelles erreurs de tout canard, tels qu'une inversion de photos, une faute d'orthographe (généralement de frappe d'ailleurs) ou une légende (voire une "salamandre bavarde" mal à propos) que reproche t'on exactement au journal dont il est question ici ? Les défauts précédemment cités ont tout de même un avantage : ils occupent, ils distraient, ils amusent...
Combien seraient mornes les journées de ces critiques en herbe s'ils n'avaient pas leur feuille quotidienne pour y dénicher tous les défauts qui s'y cachent. On imagine aisément les conversations "Irishiennes" à l'heure du petit noir, du petit blanc ou de la bonne blonde : "Hé, t'as vu, y z'ont oublié un "S" ici" l'esclaffe est d'abord générale, les mines sont réjouies, "et pis ici, renchérit un second, y z'ont même inversé des photos ces cons là!" Chacun participe joyeusement au dénigrement, (du journal que chacun, bien sûr, a lu...) "Allez Franck, remets-nous ça, c'est la mienne..." La bonne humeur provoquée par ces enfantillages ne semble pas troubler la quiétude de l'équipe journalistique en place... et on peut le comprendre !
Mais d'autres ont la dent plus dure, s'attaquant à la forme ET au contenu. Là, est lâché "L'Union, ce journal, c'est vraiment de la merde !" celui ci se sent l'âme d'un meneur, celui qui va délivrer la cité vitryate du joug du "journal issu de la Libération". "Et les sujets... non mais t'as vu ça ? on n'en a rien à fout' " rétorque cet autre qui semble également revendiquer le titre de chef de la rébellion...
La critique, art aisé, se doit d'être constructive.
A dit M. Vian, Boris de son prénom qui, rappelons le, avait oublié d'être con !
Malheureusement, dans ce cas, tout cela ressemble plus à une destruction en bonne et due forme... Où sont les idées ? Quelles sont les solutions à apporter pour donner à ce canard un regain d'intérêt ? Où sont ces critiques et leurs idées révolutionnaires quand le lectorat est interrogé ? Est-ce bien le colonel Moutarde qui a tué dans la bibliothèque avec le chandelier ? Des questions qui restent sans réponses... Bien sûr, certain ont LA réponse :
De toute façon, la presse papier est condamnée à disparaitre en faveur d'internet !
Oui, c'est plus que probable, mais à quelle échéance ? Quand on compare le nombre de lecteurs (et surtout la qualité) des "journaux papier" avec celui de ceux publiés sur le net on peut en conclure que ce n'est pas pour demain (ni pour après demain d'ailleurs)... Quand on feuillète par exemple cet excellent hebdomadaire qu'est "courrier international", on peut remarquer que sur la vingtaine de journaux consultés pour le remplir seuls 2 ou 3 sont issus d'internet. Je sais, ce n'est pas une référence, mais le chiffre m'apparait toutefois éloquent. D'un autre côté, c'est encourageant, cela prouve que le web se démocratise et se fait entendre (ou plutôt lire), mais je le répète : à quelle hauteur ?
Et surtout, comment remplacer nos sens mis en éveil à la lecture d'un journal papier ? Moi j'ai besoin de toucher, sentir les défauts du papier sous mes doigts, tourner les pages, revenir trois pages en arrière en deux secondes (sans clic ni chargement fastidieux). J'ai besoin de sentir l'odeur de l'imprimerie quand le journal est "frais" ou humer son parfum quand, avec l'âge, le fameux papier, jauni, dégage cette odeur si agréable. J'ai besoin d'entendre le bruissement des feuilles au fur et à mesure de ma lecture (bon, ça, ça doit être mon côté fleur bleue). C'est également rare qu'un café mette à la disposition de ses clients un ordinateur pour lire les infos. Faire les mots croisés sur un ordi, j'ai essayé, ça ne fait que niquer l'écran. Avez vous déjà tenté de camoufler, voire d'éponger, une bière renversée sur une table avec un portable (chose que je n'ai pas essayée, je vous rassure) ? Et puis tenir le journal de façon à pouvoir mater discrètement une jolie fille, c'est une chose impossible à faire avec un ordi portable (en fait pas impossible, mais dangereux. J'ai essayé, je me suis fait capter par son mec : quinze jours d'incapacité totale de travail...)
Faut il attendre que L'Union le journal local disparaisse en n'ayant cesse d'entendre répéter " 'toute façon les journaleux c'est tous des cons, des bons à rien qui savent pas écrire" (ce qui n'est pas le cas de tous en tout cas) ou essayer de réfléchir à une certaine intéractivité entre journalistes et lecteurs afin de le rendre plus attractif ? La question est posée...
Prenons garde que notre esprit critique ne se transforme en esprit de dénigrement systématique
A dit cet autre qui, s'il n'avait pas non plus oublié d'être con, n'a pas été le premier à se servir le jour de la distribution de matière grise...*
M'enfin, tout ça ne nous empêchera pas d'avoir notre page de bd quotidienne (ou presque) qui, si elle n'est pas du meilleur goût, à le mérite de me faire sourire...
Paru en 1987 dans "...Stars toujours" la suite de "Stars d'un jour... (éditions Delcourt) par le sympathique (qui l'eut cru) Tronchet, 2 ans avant de créer le tombeur de ces dames :
Jean Claude Tergal...
*D'ailleurs on va lancer un concours : le premier qui me donnera le nom du mec qui a pondu la dernière citation gagnera...euh...un truc !
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