1968 : CRS, SS !
2008 : syndicats caca !
Je pense m'être suffisamment exprimé ici (et ailleurs) quant à ma position vis à vis des syndicats, vous n'êtes donc pas sans connaître la haute opinion que j'ai de ces... (j'ai pas les mots là) Bref, d'habitude, j'en ai juste rien à carrer ! Mais cette fois c'est différent puisque ça me concerne directement (en fait il n'y a guère que ce qui touche à ma petite personne qui m'intéresse...) : c'est le branle-bas de combat, ou plutôt le remue-ménage (sinon on va encore dire que je suis vulgaire... ce dont nous reparlerons la semaine prochaine d'ailleurs) où je bosse !
Je m'étais promis de ne plus aborder mon boulot ici, et ce pour une bonne, unique et simple raison : parce que je me l'étais promis (et pis c'est tout). Et pourtant (mâtin, quel blog), je suis plutôt du genre à tenir mes promesses, mais là, y'a pas : faut qu'j'la ramène !
Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que le mois de mars est important pour les syndicats à Rallouvec...et pour moi aussi d'ailleurs ! Pour eux c'est parce qu'il correspond à la période des négociations salariales et pour moi parce que c'est le mois de la Saint Patrick, fête dont les syndicats n'ont absolument rien à battre (c'est une des raisons pour lesquels je ne peux pas les blairer, ils n'ont aucune notion des priorités).
Ceci étant précisé, revenons au début de la semaine dernière. Je prenais le boulot à midi et quand je me suis pointé sur le parking (vers 11h59, je me souviens que j'étais en avance ce jour là) on m'a tendu un tract. Dessus y étaient notées les revendications que les syndicats allaient présenter aux fameuses négociations. Ma lecture achevée (en même temps ça va assez vite à lire ce genre de truc, ce n'est jamais très littéraire), j'eus deux réactions opposées. La joie tout d'abord, car il est rare d'avoir l'occasion de rire aux larmes devant un bon gag, et ensuite la déception... Ben oui, d'habitude je m'éclate à relever les fautes d'orthographe, d'accord et conjugaison et pour une fois : pas une seule ! Déçu déçu déçu...
Une fois mes larmes balayées d'un revers de manche, je me suis renseigné pour savoir qui était l'auteur de cette bonne blague. Ben vous savez quoi ? ça en était même pas une ! Je ne vais pas vous faire la liste complète de ce qui était demandé, mais à part la voiture, le logement et le téléphone de fonction, je ne vois pas ce qui aurait pu être ajouté ! Du délire quoi...
Le lendemain, quelle ne fut pas ma surprise en voyant débarquer des gens dans l'usine, banderoles et drapeaux à la main. Au début, vue la couleur des drapeaux (rouge), j'ai pensé qu'il devait s'agir de supporter de l'Etoile Rouge de Belgrade, une des plus fameuses équipes de Serbie, si ce n'est LA plus fameuse. Mais après un long moment de réflexion (entre 8 et 12 secondes, mes capacités intellectuelles me permettent de réfléchir en un temps record), je me suis dit :
- Un supporter de foot, c'est con, on est d'accord. Mais de là à confondre une usine et un stade de foot, y'a quand même de la marge ! Quoique...
- Une équipe d'une telle envergure compte certainement plus qu'une malheureuse quinzaine de supporter quand elle se déplace.
- D'ici que Vitryol se hisse à un niveau international, il aura coulé pas mal d'eau sous les ponts... je ne sais même pas si à cette époque il y aura encore de l'eau sur Terre !
En fait, quand la petite troupe s'est approché (je ne vois pas grand chose de loin), j'ai vu qu'il s'agissait en fait de drapeaux CGT, CFDT, FO ou une connerie dans le genre. En guise de représailles (alors que les négociations n'étaient pas encore commencées) ces messieurs avaient décidé de débrayer deux heures.
Le lendemain (voire même le jour même, je ne sais plus trop), la direction leur a accordé quelques "trucs" (ne me demandez pas quoi, j'en sais rien). Insuffisant. Du coup jeudi dernier, rebelote ! Cette fois, je ne sais pas à quelle hauteur le mouvement a été suivi, pour ma part, j'étais déjà dans ma suite au Georges V. Toujours est-il que les manifestants n'ont certainement pas obtenu gain de cause puisque ce matin encore, ils ont remis ça !
Ce matin, dès quatre heure, des grévistes bloquaient les axés de l'entreprise. En fait, ils les bloquaient surtout par la pensée ! Ben ouais, il fait pas bien chaud par chez nous à 4h, alors certains se sont réfugiés dans le réfectoire, pas loin de la machine à café, en attendant que la température soit plus clémente, vers 6h30 / 7h quoi !
C'est là que j'ai compris à quoi servent les fameux drapeaux ! Ben ouais, pour certains grévistes (pas tous non plus), se branler les couilles devant la machine à café, ça ne change guère de d'habitude, ça sert à ça les drapeaux, à repérer qu'aujourd'hui, en plus, ils font grève...
Et encore, il y a pire, ceux là au moins se sont déplacés ! Certains ont fait grève depuis leur lit et d'autres sont même reparti chez eux au cours de la matinée. C'est la lutteuuuuu finaleuuuuuuu...
"Et tout ça pour en venir où au fait ?" me direz vous ; et bien j'y viens.
Je ne suis pas un "matheux", ni un littéraire comme vous pouvez le constater chaque jour ou presque (heureusement qu'il me reste le sexe pour me distinguer), mais j'ai quand même appris à compter. Si la boite devait dire amen à toutes ses revendications saugrenues, elle n'aurait plus qu'à mettre la clef sous la porte (ou, au choix, la porte en Roumanie)? A un moment donné, faut arrêter les conneries là !!! Les syndicats, appelés également "pédale du milieu" (de l'économie nationale) font parfois preuve d'un réalisme à la Tim Burton !
Qu'on ne vienne pas m'objecter que je suis pour le patronat et contre les ouvriers et vice versa, je ne soutiens ni les uns ni les autres (et inversement), moi je suis pour mon cul est c'est déjà pas mal !
Les fins de mois sont difficiles à boucler ? On en est tous là (sauf moi, mais c'est parce que je suis un nanti) ! Je ne suis pas convaincu que ce soit à l'entreprise seule de soutenir "l'effort de guerre" (par contre, une partie, je dis pas ! Genre taux de l'inflation + quelques points, ça me parait honnête). Je veux dire par là que si le coût de la vie augmente inexorablement, ce n'est pas à l'employeur de le supporter mais plutôt à l'état d'inverser cette tendance. Il en a les moyens, ou n'a qu'à se les donner !
La droite pourrit la gauche pour son manque d'idée, la gauche incendie la droite pour son manque d'idée, au centre, pas mieux. Je commence à en avoir plein le cul de constater que "pouvoir d'achat" est devenu aujourd'hui ce que fut "insécurité" hier, un argument électoral, rien de plus, de simples mots... Mais il ne faut pas perdre de vue que ces mot (maux ?) touchent de plus en plus de français, il serait donc temps de faire bouger les choses, de connaître une réelle avancée sociale au lieu de l'immobilisme (voire pire) dans lequel on commence à se complaire...
La grève ? Ok, mais que ce soit pour de bonnes raisons! Je veux bien battre le pavé (et non pas faire le trottoir), mais pas pour 0,1% d'augmentation supplémentaire sur ma fiche de paye, il faudrait voir à ne pas se planter "d'adversaire", distinguer le droit de grève (dont certains usent et abusent sans vergogne) au DEVOIR de grève, celui là même qu'il va bien falloir accomplir... un jour... bientôt... SORTEZ LES PAVéS !!!
Désolé, je m'enflamme, mais le décalage entre le ramdam de ce matin crée par ces révolutionnaires en herbe et le silence de millions d'autres français qui, eux, ont pourtant des raisons de se plaindre me sidère... Et n'allez surtout pas croire que je cède à la démagogie, j'avais juste envie de pousser un p'tit coup de gueule. Ouf, ça va mieux !
Et en parlant de coup de gueule et de démagogie, à demain...