Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
Pour l’intro : relire le papier d’hier… m'enfin, j'en refais une petite quand même, pour la forme :
Vous n’êtes pas sans le savoir (et si vous l’étiez, considérez que ce ne sera plus le cas d’ici quelques secondes) : je suis un nanti. En tant que tel, on me laisse pénétrer les plus hautes sphères (et également les diamètres les plus modestes, mais je n’irais pas plus loin dans le graveleux, sombres pervers que vous êtes). Ma classe naturelle et moult billets violet glissés subrepticement dans les poches des costards de quelques personnes d’influence, m’ont ouvert des portes qui demeureront à jamais closes pour vous, les gens du peuple : j’ai pu assister aux répétitions de Grignette (qu’il est bon de faire partie de l’élite mondiale…)
Une fois la porte de la salle de répèt refermée, première surprise : putain, comment ça ressemble vachement pas à ce que j’ai vu dans « Fame » ! Me laissant à mes constatations existentielles du même acabit, « l’apprentie » danseuse procède au cérémonial que précède ses séances d’entraînement après voir enfilé sa « tenue de combat ». Bon, je ne vais pas vous mentir, mais ce n’est pas ce qu’elle a de plus sexy dans sa garde robe.
Elle met en route le lecteur CD, piste n°9, « Why won't you tell me what ? » de Josh Rouse et nettoie le sol avec une serpillère (en fait une serviette oubliée là par une étourdie lors d’un cours) afin de débarrasser le plancher de toutes traces de collophane (en maudissant à haute et intelligible voix, ou presque, ceux qui ont choisi le classique, plus particulièrement ceux qui ont quitté la salle sans la nettoyer). Elle s’étire, s’échauffe, et une fois prête, ferme les rideaux devant les miroirs muraux (madame n’aime pas se voir danser… moi j’adore !) et commence à marquer sa choré (en gros ça veut dire « exécuter sa choré pour de faux », sans la zik qui va avec quoi).
Elle commence par l’imposée. J’avais vu la démo sur le DVD qui lui a été remis par un de ses profs. Bon, maintenant je peux le dire : j’avais trouvé ça pas top (quel hypocrite je fais). Mais quand c’est elle qui la danse, c’est différent, chaud, sensuel… en un mot : beau ! Et je jure sur la tête de ma première vérole (Jacques Brel) que je suis objectif… du moins, j’essaye de l’être !
2min01 et c’est fini. C’est court. C’est court dans le temps, certes, mais visiblement assez long pour le corps. Elle est essoufflée, étendue à même le sol, les bras en croix. Et pour rien arranger, je la blinde de questions sur son futur examen… Car comme l’a dit j’sais plus trop qui (à moins que ça ne soit moi, vue la pertinence de cette réflexion) : « c’est en posant des questions que l’on apprend » Ben j’ai appris !
J’ai appris que l’examen se déroulait en trois épreuves : d’abord l’imposé, puis la libre et, après quelques minutes de repos, l’impro/l’entretien (respectivement coefficient 3, 2 et 1). Le tout se déroulant devant le regard inquisiteur de quatre juges.
La courte pause achevée, un peu d’eau (à peine 3 litres), quelques pansements (à peine 3 tonnes) et c’est reparti. A la moitié de la choré, plantage. J’arrête la platine (ben ouais, je faisais office de DJ), elle se replace et on (enfin, surtout elle) recommence. Cette fois ça passe bien là où ça avait planté, mais ça merde un peu plus loin… Cest là, qu’en tant que danseur professionnel, je suis intervenu pour lui prodiguer quelques conseils et autres astuces de pro.
Déjà, je lui ai demandé de danser nu. Attention, n’allez pas imaginer je ne sais quelles « malotrusités », c’est juste que mon œil averti a besoin de ça pour bien analyser le mouvement, rien d’autre. Bref, après m’être remis de la tarte dans la tronche que je venais de me manger, je l’ai conseillée au mieux afin qu’elle puisse passer sans problème ses triplettes, pirouettes, tours planés, chutes et descentes (en décalé ou en spirale bien sûr), ses équilibres, etc. Un pro que j’vous dis !
Bon, ok, c’est des conneries, ce sont juste des termes techniques que j’ai relevé ça et là et dont j’ignore totalement la signification… A ma décharge, je dois avouer qu’au départ la danse n’est pas vraiment ma tasse de thé… et encore moins ma choppe de bière ! Moi, vous savez, à part le mia (mais si, « chemise ouverte, chaine en or qui brille » et tout et tout)… et encore !
« On » reprend, ça passe à peu près. « Ce n’est vraiment pas le jour aujourd’hui » d’après elle, merde, pour une fois que je suis là… En même temps, c’est peut-être un peu aussi pour ça, pas facile de se concentrer face à un mec qui, béat d’admiration, prend des notes, fait du bruit et pose sans cesse des questions…
Néanmoins, nullement besoin d’être un spécialiste pour apprécier la démonstration. La voir évoluer, féline, le silence n’étant troublé que par ses pieds nus sur le parquet (et par la zik aussi bien sûr), voir ses longs cheveux de jais onduler au rythme de la danse et sentir son regard profondément noir se planter dans les miens sur un rythme jazzy, ça a de quoi en troubler plus d’un… C’est à ce moment qu’une toute autre forme d’exercice m’est venue à l’esprit (par contre, cette fois, vous avez l’autorisation d’être graveleux) !
Mais Claire nous a rejoint, la tronche en vrac (after jusque 10 heures le matin même) ainsi qu’Emilie, qui venait à peine de se lever (après tout il n’était que 15 heures du matin), ce qui a mis fins à mes nobles projets…
Moi, si je faisais parti des juges qui vont la noter en avril prochain, je lui donnerais son E.A.T. avec mention ENCORE !!! …en toute objectivité toujours…
Comme je vous le disais hier (voir hier (genre de parenthèse totalement inutile, mais j’assume)), ce brouillon est ou plutôt ETAIT bien d’actualité. Le jury rendra son verdict milieu de semaine prochaine…