Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
C’est en 2003 que j’ai fait la connaissance de Marco… chez son psy, huit ans qu’il le voyait deux fois par semaine. Marco développe en effet des comportements profondément obsessionnels accompagnés de névroses diverses, obsessionnelles elles aussi. Il est fréquemment soumis à de violentes crises d’angoisse et est également multi-phobique, il a notamment peur dans les transports en commun...
Marco a un frère, Georges. Enfin, lui l’appelle Georges, moi, je ne connais pas son vrai prénom. Et de son côté, « Georges » appelle lui aussi son frère Georges !
Ils aiment se retrouver, pour discuter, sans prise de crâne, pour « s’aérer la tête » aussi, comme ils disent (pour fumer des gros pétards quoi !)
1- Il va perdre son boulot,
Je ne me souviens plus précisément des circonstances précises qui ont placé ce chef d’œuvre dans mes mains, mais ce dont je me souviens très bien, c’est ce que j’ai ressenti en le dévorant, et chaque fois que je l’ai relu par la suite.
Je connaissais déjà l’auteur (Manu Larcenet bien sûr) mais n’avais lu de lui, jusqu’à présent, que des bd humoristiques (genre « Bill Baroud » et autres). Rares sont celles à avoir fait naître tant de chose en moi ! D’ailleurs, à part avec le premier tome du désormais célèbre « Triangle secret » cet album est le seul à l’avoir fait…
Je ne saurais pas trouver les mots pour décrire ce qui m’a touché dans cette bd, je ne pourrais même pas vous en faire comprendre la raison, mais j’ai été réellement submergé par l’émotion pendant ma lecture, jusqu’aux larmes… Comme si je ressentais de la compassion pour Marco, comme si mieux que personne, je pouvais comprendre ce qu’il pouvait ressentir au fur et à mesure que je le découvrais, comme si c’était un peu de moi qui étais décrit dans ces soixante planches…
Comme l’a si excellemment dit Flb quand il a lu ce livre, « on dirait que c’est écrit pour celui qui le lit », tout est dit… et bien dit ! Peut-être est-ce une des raisons qui a valu à ce premier tome d’être récompensé par le prix du meilleur album en 2004, lors du 31ème festival d’Angoulême… Le dessin, qu’un certain Bubulle ose qualifier de simpliste voire puéril, est très… très « je-ne-sais-pas-trop-quoi » en fait ! Mais toujours est-il qu’il sert à merveille le récit et lui apporte une émotion supplémentaire.
Le deuxième tome (« les quantités négligeables ») paraît en octobre 2004. L’émotion y est encore palpable, dès le début. Je m’accroche. En vain. Les larmes perlent aux yeux assez rapidement…
En mars 2003, dans « Ce qui est précieux » (titre vraiment adéquat pour ce troisième tome), je constate que Marco a changé. J’hésite à dire que le dessin a évolué, disons plutôt que le Marco a vieilli…
Le quatrième tome, « planter des clous », est paru en mars dernier. Je ne l’ai pas acheté, on me l’a offert. La nuance n’est pas si infime quand on sait à quel point j’aime les livres, j’adore les bd et j’idolâtre cette série. Ce cadeau est juste l’un des plus beaux que l’on m’ait fait depuis… dans cette vie ! Quand on me l’a offert, j’étais sous le choc. J’avoue que ça peut paraître stupide de se mettre dans un tel état pour une simple bd, mais ce fut quand même le cas. Je n’ai pu dire qu’un simple « merci » du bout des lèvres, je n’ai pas trouvé les bons mots, ceux qui auraient collé le mieux, pour faire comprendre à quel point ce présent m’a touché…
Ce quatrième tome est donc dans ma bibliothèque depuis quelques semaines. M’enfin non, pas vraiment, il voyage beaucoup… Je l’ai emmené chez Vallou, pensant le lire au taf (ce qui ne m’empêche nullement de bosser hein, je vous rassure), il a été quelques temps aux toilettes (ce qui ne m’empêche pas de…), il a été longtemps sur mon chevet, dernièrement il était sur le meuble de l’entrée est maintenant il est sur le bureau de l’ordinateur…
Ce quatrième tome est donc en ma possession depuis quelques semaines et je ne l’ai pas encore lu… Je sais que c’est le dernier tome de la série, et je ne me sens pas encore prêt à en tourner la première page qui précédera irrémédiablement la dernière page. Je n’aime pas me séparer de mes amis…
C’est l’histoire de Marco, c’est l’histoire d’un mec… Un mec qui mène tant bien que mal sa vie, un mec qui mène un… « Combat ordinaire »…