Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
(Dans la mesure où je suis dans un état se situant entre la colère et le dégoût, je ne suis pas vraiment inspiré pour trouver un titre qui colle au sujet du jour, d’où celui-ci qui m’a été soumis par Bellot… on va voir si ça rapporte au B.R, mais j'en doute !)
Hier après midi, l’agence intérim m’a appelé pour me proposer un poste de réceptionniste dans un immense complexe hôtelier de standing (un peu plus de 400 chambres). Passée la surprise, je réponds que c’est assez loin de mes qualifications, « oh, vous savez, ce n’est pas bien compliqué, il suffit d’accueillir les clients et leur remettre les clés de leur chambre ou, à l’inverse, enregistrer leur départ et les faire régler, pas compliqué donc… Vous parlez anglais au fait ? » ce à quoi j’ai répondu que j’avais quelques notions, comme tout le monde, genre : « fuck you son of a bitch, is Brian in the kitchen ? No he’s in the garden with an umbrella » et c’est à peu près tout quoi. « Ça devrait suffire » me répondit mon interlocutrice.
Première mission moins de deux jours après m’être inscrit, c’est bien parti ! « Au fait, rajoute t-elle, vous avez une pause entre 13h et 16h, pensez à prendre votre maillot de bain, l’établissement met une piscine à disposition de ses employés pendant leur pause… » C’est très bien parti même ! Du coup, en préparant mes affaires, j’ai pensé à mettre l’appareil photo dans mon sac, histoire de prendre mes doigts de pied en éventail au bord de la piscine, m’enfin de la « swimming-pool » quoi (notions d’anglais oblige) !
Hier soir donc, une fois que ma zamoureuse eut finit de repasser mon pantalon (oui, je sais, je l’exploite honteusement), elle m’a montré où elle avait garé la voiture… plus de voiture ! Volée, par la fourrière en plus, mais que fait la police ?!? Du coup, obligé de prendre le train, ce qui n’est guère gênant puisque j’en ai une certaine habitude désormais (en effet, ma « raillophobie » est guérie… pour l’avion, c’est pas gagné par contre hein). Seul hic, je dois être à l’hôtel à 8 heures et le seul train qui peut me déposer dans ce trou paumé arrive à 6h19… Pas grave, ça me laissera le temps de vider quelques litres de café histoire de finir de me réveiller (parce que me lever à 5h quand je me suis couché à minuit passé, y’a pas, c’est pas assez). Une fois la réservation effectuée, un petit tour sur Mappy et nous sommes partis fêter dignement ce premier contrat dans un super resto où nous avons été servis par… une troyenne ! Décidément, ils sont partout ces champenois !!!
5h00, le réveil sonne, « j’me lève pas et tu me bouscules, je n’me réveille pas, comme d’habituuuuudeeeeeu » (H@ns featuring C.F.)… 5h30, je suis prêt à partir mais je remarque un détail pour le moins incongru et en tire la conclusion qui s’impose : ma zamoureuse repasse à mi-temps ! Hier soir elle a repassé la jambe gauche de mon pantalon, se réservant le soin de repasser la droite à cette heure matinale… Bref, je ressemblais à rien quoi ! J’avale un solide petit déj’ (un café et deux clopes, solide quoi) et je file prendre mon T.E.R. Agréable surprise d’ailleurs, ce train est trop classe, on dirait un tram !
6h18, j’arrive au trou perdu en question (avec une minute d’avance sur l’horaire prévue, trop classe et rapide en plus). Premier constat en arrivant : pour les litres de café, c’est mort ! La misérable cahute qui fait office de gare fait passer celle de Blesme pour la gare de l’Est ! Bon ben tant pis, j’avalerai mes litres de café au troquet, celui que l’on trouve sur la place du village en face de l’église partout en France… partout, mais pas là ! Re-tant pis, je boirai donc mon café au fameux hôtel… dès que je l’aurai trouvé ! Ah oui, parce qu’à la base, je comptais appeler un taxi depuis la gare pour m’y emmener, mais comme il n’y a pas de gare ! Grâce à mes talents d’ancien scout, je me repère facilement et me dirige donc d’un pas décidé vers mon futur employeur. A dire vrai, mes talents d’ancien scout ont franchement merdé, mais le plan que j’avais pris soin de recopier la veille l’a avantageusement remplacé.
M’enfin… oui, mais non ! Disons que je suis effectivement arrivé sans problème « rue de la Plane », sauf que l’hôtel est situé « rue de la plaGe » ! Pas grave, j’ai quand même fini par le trouver…
à force de crapahuter dans toutes les rues de ce patelin de merde…
pendant plus d’une heure…
sous un soleil de plomb…
avec des pompes qui me niquent les pieds…
J’arrive enfin à l’hôtel, aussi frais que je pouvais l’être après un tel périple, « Sélection » (de Hugo Boss), dissimulant à grand peine les effluves de cadavre de fennec qui émanent de mon corps d’athlète. Je me présente à la réception et fais connaissance avec le mec sympa que je vais donc remplacer d’ici quelques minutes, il n’a d’ailleurs pas l’air au courant et m’invite à m’asseoir pour attendre le directeur de l’établissement qui, lui, en saura certainement plus…
Au bout de quelques secondes (approximativement 1800), je rencontre mon futur employeur, ou plutôt mon futur EX-employeur ; « ah non, il doit y avoir une erreur, on n’a demandé personne pour ce week-end »… Super ! Arrangeant, il me propose quand même de rester pour bosser puisque je suis là, de 16h à 19h. Je me suis donc assis à nouveau dans le fauteuil afin d’attendre 8 heures pour pouvoir prendre mon poste pour les 3 heures suivantes. Naaan mais ça va oui ? Travailler, ok, je ne demande que ça, mais pas dans n’importe quelles conditions non plus !
Je sors de l’établissement, RA-VI, appelle un taxi pour qu’il me dépose à la gare la plus proche, m’enfin à la VRAIE gare la plus proche, une gare où je puisse prendre un train quoi, donc pas celle de ce patelin pourri (suis délesté de 20€ au passage, prix de la course). Coup de bol, je n’ai qu’un quart d’heure à attendre pour pouvoir rentrer chez moi, et n’ai qu’un quart d’heure de trajet également ! Oui, mais non : la SNCF m’a fait doubler la mise : mon train est annoncé avec une demi-heure de retard (29 minutes exactement, ne soyons pas mauvaise langue)… Manquait plus que l'invasion de criquets, tiens !
Bilan de la matinée, levé à 5h, rentré cinq heures plus tard et en guise de salaire, j’ai gagné -30.10€ ! Ne loupez pas les infos de ce lundi, jour où je vais rendre une petite visite amicale à l’agence intérim, les émeutes de Vitryol, à côté, ce sera Oui-oui à la plage !!!

