Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
« Bonjour monsieur H@ns. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, sera d’occuper le poste de préparateur de commande dans l’entreprise P****a. Si vous ou l’un de vos agents était capturé ou tué, le département d’état nierait avoir eu connaissance de vos agissements. Bonne chance Jim. » C’est ce que j’ai entendu quand j’ai mis lecture sur le magnétophone que j’avais trouvé, abandonné là, sur un banc du parc Emmanuel Robles…
Après il y a sûrement eu surchauffe, une épaisse fumée noire s’est échappé de l’ancestral appareil, détruisant la bande magnétique qui se trouvait à l’intérieur. Bien que je ne m’appelle pas Jim, je me suis quand même rendu à l’adresse indiquée…
Petite parenthèse à l’intention d’Axel, ici à (un préparateur de commande, c’est quelqu’un qui prépare des commandes ! C’est plus clair maintenant ? Non ?! Bon, alors pour être plus précis, je bosse dans un entrepôt rempli de fruits et légumes et je prépare des palettes de marchandises qui sont expédiées quelques heures plus tard chez des clients ; Buffalo grill, hôpitaux, restos, pizzérias, etc. Fin de la parenthèse, là à)
On m’avait dit de bien me couvrir, l’entrepôt étant réfrigéré, le gros pull, les grosses chaussettes, éventuellement un bonnet, étaient indiqués ; les chaussures de sécurité sont quant à elles obligatoires (et ça vaut mieux d’ailleurs…)
Je me prépare et à 16h me rends à la voiture, habillé comme il faut et prêt à bosser… L’HOR-REUR ! Plus d’un mois que j’ai oublié l’existence des chaussures, chaussettes, pantalons et pull (le bonnet, j’ai même oublié jusqu’au concept), et voilà que je marche en pleine rue, harnaché de tout ce textile, et il fait plus de 30° à l’ombre (et l’ombre, y’en n’a pas)…
16h15, je suis déjà à 200m du taf ; 16h55, j’arrive au taf (me suis « un peu » perdu en cours de route en fait…) ! Le responsable me présente à l’équipe que je vais intégrer, ils sont tous en maillot et en pantacourt et là je me dis « j’ai bien fait de ne pas prendre le bonnet » ! Parce que ce que les autochtones appellent « froid », en champagne on appelle ça « bon » ! Alors déjà que mes collègues sont habillés plutôt léger, moi j’aurais pu y aller en string panthère ! Bref, j’ai passé la moitié de la nuit à crever de chaud… comme d’hab’ quoi !
Niveau boulot, rien de bien complexe, un écran sur l’espèce de tire-palette électrique (sur lequel je suis perché) m’indique les produits à prendre, il suffit de les « palettiser », les identifier et de les emmener sur le bon quai avant expédition, ça, ça va. Le plus balèze est de réussir à manier l’engin… C’est pourtant simple, pour virer à droite, il faut tourner le volant à gauche ?!
Nous sommes une dizaine à bosser dans ce petit entrepôt, les « tire-pal » surgissent de tous les coins, le dernier accident date de lundi soir, un mec s’est fait écrasé le pied… Moi, ça va, je n’ai écrasé personne, j’ai juste tué une cagette de pêches, un carton de bananes et un de pommes de terre ! Apparemment, c’est normal m’a-t-on dit, c’est le métier qui rentre !
Et dans la séquence « j’me la pète », le dernier intérimaire qui avait bossé à ce poste avait préparé 4 commandes pendant ses huit heures, pour ma part j’en ai honoré 17 ! A la décharge de mon prédécesseur, il faut dire que je n’ai pas fait huit, mais dix heures, j’ai quitté vers 3h… Toujours est-il que je semble faire l’affaire, on compte sur moi pour ce soir ! J’essaierai de prendre quelques photos…
J’ai un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques temps déjà (par contre, ne me demandez pas pourquoi), y’a pas de raison pour que je sois le seul ! Du coup, voilà :