Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
Cool, j'ai trouvé un taf ! Après « seulement » (notez l'ironie au passage) six semaines à courir dans toutes les boites intérim de Vitryol et Châlons City, à avoir envoyé moult candidatures spontanées et autres lettres de motivation un peu partout, j'ai enfin trouvé LE taf ! Le genre de boulot taillé pour moi, un peu comme un clown qui bosserait aux pompes funèbres...
Je me suis donc pointé dans la boite en question hier matin. Une entreprise qui jouit d'une certaine réputation car il parait que c'est « la star du steak haché » (enfin ça c'est la pub qui le dit), mais à Vitryol, on l'appelle encore... Arcadi ! Mais avant de continuer, je dois ouvrir une parenthèse, que mes plus fidèles lecteurs ne sont pas obligés de lire, ils en connaissent déjà le contenu...
(J'ai horreur de la vue du sang, c'est un truc à me coller une gerbe de dingue. Et pas seulement la vue, l'odeur, c'est encore pire... C'est pour ça que je ne supporte pas d'entrer dans un hosto, pour l'odeur qui y flotte. Même un pharmacien, j'ai du mal à le côtoyer !
J'ai aussi la viande crue en horreur ! La première fois (et la dernière) qu'un steak tartare et moi nous sommes retrouvés face à face, le combat psychologique (ça veut dire « qui se passe dans la tête », pour les kaamelottophiles) qui s'en suivit tourna rapidement en faveur de l'amas de viande. Fin de la parenthèse)
Arcadi, figurez-vous, fidèles lecteurs, c'est un abattoir. En gros, 45 noiraudes y entrent chaque jour, mais aucune n'en ressort... si ce n'est sous forme de steak, roti, saucisse, merguez, etc. Mais j'y suis allé confiant, j'avais prévenu la nénette de la boite intérim, « BI****, je veux bien, mais je ne veux pas être en contact avec la viande », elle m'avait répondu que chez **GARD, il y avait des postes peinards, j'ai donc accepté... quel con !
La matinée a commencé par une brève visite de la boite. En fait, la visite doit durer une petite heure, mais au bout d'un quart d'heure, j'avais déjà tellement la gerbe que le responsable a abrégé « ici, c'est la découpe... mais je crois que votre collègue n'a pas envie de s'éterniser, on va continuer » ; tu m'étonnes, je me sentais devenir tout blanc... Et nous avons continué jusqu'à mon poste : la station de lavage ! En fait, je ne suis pas certain que ça s'appelle vraiment comme ça, mais je trouve que ça sonne bien ! Le but du jeu, c'est de passer des caisses au karcher afin d'éliminer la moindre trace du sang et de la tripaille qu'elles contenaient il y a peu de temps encore, bonjour l'odeur...
Il y a aussi une machine pour laver les caisses (un peu comme pendant les vendanges pour ceux qui situent) et chaque caisse, une fois lavée, doit être stockée à sa place et il ne faut surtout pas les mélanger, ce que, évidemment, j'ai fait :
- Fais gaffe putain, t'as mis des Sabim avec les B*G*R* !!!
- Ah oui, désolé, comme vendredi...
- T'étais déjà là vendredi ?
- Ben non, justement, c'est mon 1er jour aujourd'hui, alors au lieu de t'enflammer comme un con, explique moi le taf un peu mieux steuplait connard ! (connard, je ne lui ai pas dit, mais ça suintait de tous les pores de ma peau) !
- Ben c'est une marque de caisse pas palette, faudrait que tu retires les Sabim.
- Ok, pas de souci, je vais procéder à l'enlèvement des Sabim !!!
- ...
- Sabim, Sabine, enlèvement... ?
- ...
- non, rien, laisse tomber !
A part ça, on s'est plutôt bien entendu lui et moi. En fait je vais prendre sa place, il a demandé à changer de service, il veut aller à l'abattage, « la tuerie » comme on l'appelle là-bas. J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre comment on peut avoir envie de bosser à cet endroit. Quand je lui ai demandé, il m'a répondu, « je ne suis pas venu ici pour laver des caisses, j'ai envie de tuer des vaches moi ». Je n'ai pas les mots pour expliquer ce que j'ai ressenti quand ce gamin d'une vingtaine d'années m'a claqué ça... Ensuite il m'a expliqué les différentes façons de faire, super...
Je ne m'étendrais pas d'avantage et ce pour trois raisons :
1/ on va encore dire que je fais trop long ;
2/ rien qu'à parler de ce putain de taf, je déprime ;
3/ je trouve pas les mots.
J'ai beau ne pas en avoir l'air comme ça, mais j'aime bosser... malgré tout, là, je suis dépité ! Et ça ne fait qu'une journée...
Indice du jour : dans les coms !
Je m'explique : je n'ai vraiment pas envie de me casser le cul ! Or, j'ai reçu 8 bonnes réponses, je laisse le soin à ceux qui ont trouvé d'aider (un peu) ceux qui cherchent encore (et de façon anonyme) ! Plus que deux places à prendre... et franchement, moi qui vient de jeter un oeil au classement général, deux points peuvent parfois faire gagner plusieurs places !!!