Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
La grève fut de courte durée ? Si on veut... Et avant de commencer, je tiens à m'excuser vis-à-vis de ceux qui m'auraient trouvé un peu dur, voire complètement con, pour mon billet d'hier.
Je tiens également à remercier tous ceux et celles qui ont participé activement à ce blog. Ce blog... cet espace de liberté ou l'on peut tout se permettre, où l'on peut étaler ses pensées, ses avis ou ses douleurs à vif, c'est le cas aujourd'hui. Ce blog qui m'a pris un temps fou (malgré sa piètre qualité je l'avoue et m'en excuse également auprès des puristes). Ce blog qui va mourir comme il est nait : dans la douleur.
Il y a loin de la coupe aux lèvres, dit-on. Il y a également un bout de chemin du coeur à ces mêmes lèvres. Un chemin que je n'ai pas toujours su prendre quand il le fallait ou au contraire que j'ai emprunté bien souvent alors que je n'aurais pas dû. Sans que ça paraisse, j'ai beau être en apparence un gros bavard, je garde mes sentiments pour moi. Aujourd'hui, c'est trop tard, mais tant pis...
Ce blog était ma soupape de sécurité, l'un des rares endroits où je pouvais donner libre cours à ma littérature foireuse, mon 3ème soleil. Je m'éteindrai avant le premier (je l'espère), le second s'est éclipsé et ce troisième suit la même voie. Oui, je pense ne plus avoir besoin de soupape désormais.
En temps normal, quand j'avais besoin de respirer je venais coucher mes pensées ici et, bien sûr, vous faire découvrir de la (bonne) bd, ce qui demande un certain travail, béotiens que vous êtes. Mon coeur et mon cerveau ce sont éteints, je ne pense plus, je me contente de vivre, plus par obligation qu'autre chose. Les mots défilent sur l'écran, ça ne me procure aucun plaisir aujourd'hui. Pourtant, écrire à toujours été pour moi une échappatoire, d'où mon taf de correspondant chez l'Union, c'est pour cette raison que, même sans plaisir, je me sens poussé ce soir à monologuer.
Seul. La solitude a toujours été un refuge, j'ai toujours aimé être seul. On m'a guéri, et ce soir elle me pèse. Faudra s'y faire. Même la leffe blonde que je sirote depuis une heure a perdu son arôme. Ma camel light sent le moisi, pourtant j'entame mon 3ème paquet de la journée... Il y ait des évènements dont on dit « maintenant, ça ne sera plus jamais pareil ». Je ne serai plus jamais pareil.
Vitryole est une ville de merde peuplée de connards en tout genre. Mais j'adore cette ville, j'aime ses habitants. Je dois pourtant les quitter. Peu de gens sont restés vivre à Tchernobyl après le 26 avril 1986, moi mon réacteur nucléaire a explosé depuis quelques heures et déjà tout semble contaminé autour de moi, je dois fuir. L'irish est atteint également, trop de souvenirs. Ma baraque me manquera certainement beaucoup, mais là, la contamination est maximale, c'est là qu'était mon réacteur nucléaire numéro 4... Le challenge va consister à retrouver un boulot, ce qui à 30 balais passé ne sera pas facile, j'en suis conscient mais...contamination oblige.
J'ai perdu le gout mais aussi la vue. Tout se trouble ; comme une vision sous marine, le trop plein d'eau dans les yeux s'échappe sur mes joues, mais faute de gout je n'en sens même pas le sel. L'ouïe est toujours active, j'entends des sortes de battements dans ma poitrine qui depuis des heures jamais ne se taisent, je sens mon coeur qui veut sortir de ma poitrine. Je l'ai au bord des lèvres.
J'ai l'étrange impression qu'un instant tout s'est arrêté,
Mon état s'empire. C'est Mano Solo et Fela Kuti qui me le prouvent : je ne vibre même plus à leur musique.
Seul. Seul à bord d'un Boeing qui fatalement va s'écraser, mais la chute est longue. 75 ans en moyenne pour les hommes.
Je sais pas quoi faire. Rester prostré là, à regarder un téléviseur éteint en attendant je ne sais quelle délivrance qui ne peut, qui ne DOIT pas venir. Pour mes deux petits anges je dois attendre encore une quarantaine d'années.
« Un seul être vous manque... » La blogosphère va me manquer, vos conneries et coups de gueule ou de coeur aussi. Moi je n'ai plus envie de continuer, je n'en tirerai plus aucun plaisir, ce qui à la base en était le but. Au moins, pour mon dernier papier, comme d'hab' : j'ai fait long. Par contre cette fois pas de (bonne) bd. Là c'est encore plus grave, je n'ai même pas envie de lire... Néanmoins, si vous voulez non pas de la bonne, mais de la sublime bd, je vous en conjure, précipitez vous sur « le combat ordinaire » de Manu Larcenet, vous serez plus à même de comprendre ce qu'aujourd'hui je ressens...
Malgré l'heure, direction le dodo. Peut être mes rêves seront ils eux à l'abri de la dépression qui me guette. J'ai du mal à réaliser, faudra bien...demain...plus tard...jamais ! Au revoir
Hans