Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
« A l'arrache », c'est un peu de cette façon que j'ai pris mon billet de train hier... Je me suis pointé à la gare vers 9h45 pour prendre le train de 10h03 (pour arriver à 18h46, notez-le quelque part, c'est un détail sur lequel je reviendrai). Et bien aussi extraordinaire que ça puisse paraître, figurez-vous que ça ne l'a pas fait ! C'est con hein ?
- bonjour madame ? je...
- mademoiselle !
- c'est pas grave, ça va venir, il suffit d'être patiente et de vous arranger un peu (j'ai HORREUR qu'on me reprenne comme ça dès le matin) bref, je voudrais un billet pour Vitryol, svp, le train part dans un quart d'heure.
- ...et il est complet, je suis désolée.
- Et depuis quand ? J'essaye de réserver mon billet par internet depuis deux jours, je n'y suis pas arrivé (je mens bien quand je veux)
- Oui, nos avons eu quelques problèmes sur nos sites cette semaine
- Ben du coup, vous ne pouvez pas me dénicher un billet de derrière les fagots ? Debout sur une plate-forme, dans la niche à bagages, dans les toilettes, sur le toit, je sais pas moi...
- Même pas monsieur, ce train est déjà sur-listé (ou un truc dans le genre, en gros, ils ont déjà vendu plus de places que le train peut en contenir)
- Ben justement, au point ou vous en êtes, un de plus ou de moins...
- C'est impossible, pour des raisons de sécurité monsieur.
- Bon. Et il est à quelle heure le prochain, s'il vous plait... MADAME ?
Le prochain, celui que j'ai pris donc, partait à 13h56 (soit environ quatre heures plus tard que le premier) pour arriver à 21H26 (soit environ 2h45 plus tard que le premier), soit environ 1h15 de train de gagné ! L'est pas belle la vie ?
Bon, c'est sûr, elle pourrait quand même être un peu plus belle si j'avais maîtrisé le pouvoir de téléportation, parce qu'il a quand même fallu se les fader ces 18 heures de train (non, non, ce n'est ni une faute de frappe ni une erreur de calcul, c'est un fait : dans un train, le temps s'écoule différemment...)
D'ailleurs, dans le train, une petite demi-heure après le départ, alors que je squattais un couloir, à côté des bagages, en face des WC (amis de la poésie, bonjour), bref, je suis tombé sur le contrôleur sympa ! (Si, si, j'vous jure, y'en a un et c'est moi qui suis tombé dessus, vous imaginez le bol un peu ?!). Donc, pour engager la conversation, le chic type (seul, je ne sais pas où était Clara... p'tain, elle est nulle aussi celle là) me demande mon billet :
- Vous avez une place assise monsieur...
- Ben ouais, je suis assis là !
- Je voulais dire que vous avez une place assise, dans un compartiment, ailleurs que sur l'emplacement réservé aux bagages.
- Je sais, oui, mais il est blindé de monde ce wagon, en plus là, je suis en face des chiottes, en cas d'urgence, c'est quand même vachement pratique quand même !
(pour les infidèles lecteurs, qu'ils soient maudits sur vingt générations, les sots, il faut savoir que je suis « un peu » agoraphobe... entre autre. J'explique donc le truc au contrôleur)
- ok, je comprends, pas de souci. Mais si vous voulez, il y a un wagon bar, c'est plus clair, plus aéré, spacieux... et au cas où il y a des boissons fortes !
- ah c'est pas con ça ! Il y a de la vodka ? De la zub ?
- ben je sais qu'il y a du whisky et de la vodka, entre autre, mais la marque, là, j'peux pas vous dire !
- pas de souci, je vais vérifier ça de ce pas !
- heu... par contre, les tarifs, ce sont les tarifs sncf hein...
- mouais, j'ai compris...
Ben du coup je suis resté dans mon coin, pas con non plus !
J'avais pensé emporter une petite bouteille de zub pour le voyage, histoire de me détendre un peu, mais c'est un coup à ce que je loupe ma première correspondance (et me retrouve à Genève) ou la seconde (et là c'est encore pire, direction Strasbourg). J'ai donc préféré m'en tenir à mon habituelle ligne de conduite et ai opté pour la voie de la raison (no comment). Raisonnable, certes, mais putain, comment j'en ai chié ! Le train, les gares, les voyageurs et tout le bordel, c'est définitivement pas mon truc ! Heureusement, mon téléphone m'a tenu compagnie une partie du voyage, enfin l'interlocutrice qui était au bout du fil, soyez pas cons non plus ! D'ailleurs, je crois que sans elle, je n'aurais même pas pris le train tellement j'étais en stress dès la gare Saint Roch (qui au passage est quand même jolie). A un moment, j'ai même pensé remonter en taxi, mais une course à 800 bornes, ça doit couter un paquet de pognon ! Maintenant que j'y pense, faudrait que je me renseigne sur les tarifs de location de voiture, on ne sait jamais, pour la prochaine fois... s'il y en a une !
Bref, 21h26, arrivée à Vitryol. Température : -1° « à l'ombre » (précision assez inutile, parce qu'à 21h26, il faut nuit, donc l'ombre, rien à carrer). C'est la même température qu'il y avait en bas la veille de mon départ, sur ce coup là, on ne peut pas dire que je sois dépaysé !
J'avais oublié à quel point la cité vitryolée est belle, à quel point elle sent bon, j'avais oublié qu'ici il tombe de la zub à la place de la pluie (mais manque de bol, il ne pleuvait pas quand je suis arrivé), que des haut-parleurs diffusent en continu les ziks que j'aime (« The end », des Doors par exemple, HMMMMMMM, dès que j'aurais retrouvé mes esprits, j'essaierais de faire un papier sur cette zik...). Je lève les yeux au ciel, les étoiles semblent avoir la bougeotte, elles dansent, se déplacent, forment des mots, forment une phrase, « bienvenue ché toi Whynot », c'est tellement gentil que je ne relève même pas la faute. La lune brille, elle brille plus qu'en bas, à sa surface certains cratères se bouchent tout seul, d'autre se creusent instantanément, au final, c'est un smiley géant qui se dessine au-dessus de ma tête, dans une lumière blafarde. Je lui souris, nouvelle transformation, c'est un clin d'œil qui apparait à présent...
Je suis chez moi, CHEZ MOI !!! Putain que c'est bon...
J'ai envie d'aller au troquet, histoire de traverser la ville et de me jeter mon traditionnel grand crème blindé de sucre, ça fait du bien par ce froid. En même temps, arrivé au troquet, j'aurais beaucoup marché, chargé comme un mulet, en plus le chauffage doit tourner à plein tube dans le troquet, et puis il y aura certainement quelques connaissances... je vais plutôt prendre une mousse tiens !
Mais ce sera pour une autre fois, mon taxi m'attend : papa WN est déjà là, par contre je suis déçu, il n'est pas venu avec neu-neuf ! Pas grave, le principal étant que lui soit là, ça fait quoi, huit ans que je ne l'ai pas vu ? Ah non, deux mois seulement, j'aurais dit plus.
On quitte Vitryol, direction le manoir. Pour se faire, il faut rouler quelques kilomètres en rase campagne. Vous savez ce que c'est la rase campagne ? Non ? Bon, j'vous explique :
La rase campagne, c'est quand la route serpente entre des champs à gauche et des forêts à droite. C'est quand les phares de la voiture allument de petites billes jaunâtres sur les bas côtés de la route, renards, lapins et chevreuils en sont les propriétaires. C'est quand, une fois descendu de la voiture, l'odeur n'est pas agressive mais enivrante, ça sent l'herbe, ça sent la terre, ça sent la vie. C'est quand, une fois le moteur coupé, le silence qui suit n'est pas oppressant, il fait du bien au contraire. C'est ça MA rase campagne, pas de béton, pas de lumière, pas de monde...
La lumière s'allume tout seul. Soit le manoir, qui a senti le retour de l'enfant prodigue, m'a reconnu, soit l'halogène avec détecteur de mouvement s'est mis en route, je ne saurais être catégorique sur ce point.
A l'intérieur, maman WN est ravie de revoir son fils préféré (car unique)... et c'est réciproque, surtout qu'elle a fait des gaufres (mais pas que pour ça hein) !!! « ben dis donc, tu n'as pas grossi toi » ; j'ai l'habitude, j'ai droit à cette remarque à chaque fois, à part que pour une fois, je dois bien avouer qu'elle n'a pas tort.
Pendant mon absence, mes parents ont bossé comme des dingues. Peinture par ci, papier peint par là, de nouvelles étagères sont apparues à la cuisine, de nouveaux rideaux aux fenêtres, le manoir a pris un sacré coup de jeune ! Autres détails, dans ma chambre je trouve une paire de pompes (top classes), un jean (pareil), deux pulls (idem) et un caleçon (no comment, j'en mets pas), « ben je savais pas trop si tu prendrais beaucoup d'affaires, alors du coup je t'ai acheté ça... », je remonte pour 10 jours m'man, j'allais pas arriver les mains dans les poches non plus ; mais c'est hyper gentil quand même je trouve ! Autre détail, dans le frigo : y'a des pizzas !!!
Mais avant tout, il y a deux urgences : boire une bière (j'avais oublié à quel point c'est bon) et trouver MON chat, MON Quinquin, le roi des chats ! Lui n'a pas maigri, bien au contraire même, c'est une grosse boule de poils orange sur pattes. Il ne m'a pas lâché de la soirée, ni de la nuit d'ailleurs ! J'ai passé une bonne soirée à discuter de tout et de rien avec mes parents, à caresser son altesse Quinquin, à me goinfrer de gaufres et tout ça dans mon fauteuil devant le feu qui crépitait dans la cheminée et ensuite, direction MON lit !
P'tain, je suis bien comme un œuf en gelée ! Le dernier Largo Winch dans les mains (on en reparlera), mon chat tout contre moi qui n'arrête pas de me câliner (j'aurais préféré quelqu'un d'autre mais bon, c'est déjà ça hein), et puis le calme, le silence... J'éteins la lampe de chevet, il fait alors noir. Cette dernière phrase n'est pas si conne qu'il n'y parait, en effet, il fait vraiment noir, aucun phare de voiture, aucun réverbère ne viennent déchirer l'obscurité, je peux m'endormir peinard ! Et ce calme, ce silence...
J'ai fait une pure grasse mat'... jusque 7h ! Parce que quand Quinquin a faim, il sait le faire comprendre, le p'tit con. Il ronronne comme une tronçonneuse en me faisant des « frottes », j'ai beau me retourner dans le lit, pas grave, il change de côté aussi (en prenant bien soin de me marcher sur la tronche au passage, plus efficace pour arriver à ses fins). J'ai essayé de jouer l'indifférence, lui aussi. Il s'est juste couché sur moi, sur mon nez (tout neuf) plus exactement. Je me suis planqué sous les couvertures, il a réussi à passer par le pied du lit et est venu me rejoindre, s'est collé contre mon dos, toutes griffes dehors.
7h30 : Quinquin 1 - Whynot 0 ! Je me suis donc levé pour aller donner à manger à ce monstre... et me suis recouché jusque 10h et quelques, pas con non plus ! Ensuite un solide petit déj' (clope - café - clope - clope), que j'ai dégusté sur le coffre-fort (ceux qui connaissent le manoir comprendront... et oui, le coffre-fort est toujours là), au soleil...
La veille, mes parents m'ont rappelé pourquoi je suis remonté si tôt, j'avais un peu oublié que, à la base, c'était pour fêter le 90ème anniversaire de ma grand-mère, tant j'étais plutôt concentré sur mon rdv de la semaine prochaine... Du coup, ils passent me prendre d'ici une heure et direction le bout du monde ! D'un côté je suis content, je vais voir ma grand-mère et ma famille, et de l'autre je le suis déjà beaucoup moins, je vais effectivement voir ma famille... et accessoirement louper l'apéro chez Vinche, le Grand Corps Moisi (et cassé en ce moment), ce soir, rater l'apéro avec FLB demain en fin de matinée, queuter l'apéro avec Elsa demain après midi.
J'entends la WN's Father's Mobile qui entre dans la cours, j'ai juste le temps de finir ma pizza et je trace ! Je vous raconterai la suite la prochaine fois. Quand ? J'en sais que dalle !!!