Tu es beau, intelligent, riche et sévèrement membré ? Comme moi ! Tu es donc ici chez toi, fidèle lecteur ! Tu es blonde à forte poitrine (ou même brune à petite poitrine), bienvenue aussi, fidèle lectrice !
Désolé pour la longueur du texte, mais c'est un sujet qui mérite qu'on s'étende dessus...
Savez-vous ce qu’est le sommeil paradoxal ? C’est un phénomène ma foi assez étonnant et plaisant…normalement. Selon la définition habituellement admise, c’est la période qui se situe juste avant l’endormissement total, vous savez quand vous allez vous endormir, mais que vous ne dormez pas encore tout à fait, que vous somnolez seulement (suis-je clair ?).
C’est également, et là c’est plus complexe, prendre le pas de ses rêves. Je m’explique (j’essaye en tout cas). Imaginez que vous rêvez que vous êtes au boulot, face à votre acariâtre de chef (dans ce cas c’est plutôt un cauchemar, je vous l’accorde), tout à l’air réel. A la différence que, bien qu’endormi profondément, vous êtes totalement conscient que vous êtes en train de rêver. Imaginez les possibilités que ça peut offrir : vous allez vers votre supérieur et lui collez votre genou dans les valseuses par exemple, ça soulage. Dans la « vraie vie » autant dire que ça ne se passerait pas vraiment bien (à moins d’avoir un chef masochiste, mais là c’est une autre histoire), mais là vous avez le contrôle total de votre rêve. Votre chef va s’excuser d’avoir peut être égratigné votre jeans avec sa braguette, en compensation vous donner une prime de 1000 euros ! C’est un exemple, tout dépend de votre imagination, vos envies et surtout de votre maîtrise de ce rêve.
Car il faut effectivement une sacrée habileté pour réussir à maitriser parfaitement ses rêves. C’est un travail de longue haleine pour y parvenir, il faut parfois (souvent) des années… D’après ce que j’en ai lu, la première étape est d’abord de se souvenir de ses rêves (ce qui n’est déjà pas toujours évident en soit), et, dès le réveil, noter sur un carnet les éléments qui y figuraient, voire le rêve en entier (en cas de bonne mémoire). Avec le temps, se souvenir de ses rêves ne sera plus un problème, c’est là que débute la seconde étape : les influencer. Toujours à l’aide du carnet, il suffit, avant d’aller se coucher, d’y inscrire quelques thèmes forts, par exemple notez-y les mots « Adrian Karembeu », « Bahamas », « plage », « câlins » et « bière ». Avec le temps certains de ces thèmes interviendront dans vos rêves, pour moi, qui n’en suis qu’aux prémices de cette longue expérience, j’arrive déjà à avoir de la bière dans chacun de mes rêves (facile) et une fois j’ai même réussi à rêver de Karembeu, mais c’était nul, il mettait un but en pleine lucarne, quel con ! Enfin vous pourrez passer à la troisième et dernière étape : la maîtrise totale et là…bonjour les siestes crapuleuses sur une plage des Bahamas avec Adriana Karembeu, une bière dans une main et dans l’autre…ce que vous voulez, c’est pas mon rêve après tout !
Jusqu’alors, j’en avais fait l’expérience par deux fois (et ça ne date pas d’hier !), laissez moi vous conter ces deux anecdotes.
La première fois que j’ai évolué dans un sommeil paradoxal, je devais avoir une dizaine d’années, je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais assis en classe et, je ne sais pas trop pourquoi ni comment, je me suis rendu compte que je rêvais alors que j’étais bel et bien profondément endormi… Je me souviens m’être levé et avoir claqué un bordel monstre dans la classe. Mes petits camarades restaient passifs devant ce déchaînement actif, je leur disais de faire comme moi, qu’on ne craignait absolument rien puisque je rêvais ! Personne n’a osé et je me suis réveillé, tout con, mais définitivement marqué !
La seconde fois, ça a été bien pire, à la limite du somnambulisme. C’était en plein été, j’avais chaud dans le lit conjugal et ai préféré aller dormir au salon où il faisait plus frais. A peine endormi, j’ai vu une forme noire encapuchonnée genre Darth Vador, qui me regardait, assis dans le fauteuil en face. Je me suis levé, inquiet, il avait disparu… J’ai pensé que j’avais rêvé justement, n’y prêtant plus attention, je me suis rallongé sur le canapé. Je me suis rendormi, il était à nouveau là. Cette fois, pas de panique, j’ai saisi discrètement mon oreiller, me suis levé d’un bond et lui ai balancé en pleine tronche mon arme en plumes, puis j’ai foncé vers lui pour constater l’effet que ça lui avait fait : je l’avais tué ! En fait pas lui, mais la lampe posée sur le guéridon à côté du fauteuil, lui, avait disparu à nouveau… Ahuri, j’ai pensé qu’il fallait mieux que je brave la chaleur de la chambre et retourne dormir auprès de mon (ex)épouse. A peine endormi, il était revenu le salaud ! Cette fois il ne m’échapperait pas, il était trop près pour ça, allongé juste à la place de ma femme… J’ai fait semblant de rien quelques minutes, pour endormir sa vigilance. Et d’un coup d’un seul, vif comme l’éclair, je lui ai collé mon poing sur la tronche à ce fumier, cette fois pas de doute possible, je l’avais eut, j’avais senti les os de son nez craqués sous mon poing. Cette fois se sont les cris de ma femme qui m’ont réveillé, je venais de lui démonter l’appendice nasale… Je vous jure que c’est authentique, que je n’invente rien !
Je pensais, à tort, m’être définitivement débarrassé de cet enculé, il est revenu… Il est venu me visiter ces deux dernières nuits et, cette fois, il a eut le dessus ; pensez, en cinq ans passés, il a largement eut le temps de peaufiner sa technique d’attaque !
Vendredi soir ou plutôt samedi matin, je me suis couché vers 4 heures, j’ai lu une heure ou deux avant de sombrer dans un sommeil profond. Il était là, plus sombre que jamais. J’ai voulu allumer la lumière, mais il s’est précipité sur le lit et l’a soulevé à deux bons mètres de haut. J’ai réussi à attraper le fil de la lampe de chevet mais ce fumier m’a attrapé la main pour me la faire lâcher. Je me suis débattu, lui ai lancé la lampe à travers la tronche, il l’a esquivé et s’est éclipsé d’un coup. Je me suis réveillé, la lampe était toujours à sa place, moi aussi. Il était huit heures, je me suis levé de peur de retomber dans ses griffes si je me rendormais…
Cette nuit, le manque de sommeil aidant, je me suis couché tôt, vers 2 heures. J’imaginais mal mon agresseur nocturne me rendre visite deux fois de suite, et pourtant… Cette fois il s’est littéralement déchaîné ! Secouant le paddock dans tous les sens il a finit par me mettre en bas du lit, j’ai hurlé. N’arrivant pas à atteindre la lampe de chevet, j’ai réussi à saisir mon portable, je me suis réveillé alors que j’essayais d’appeler quelqu’un à l’aide. Cette fois encore je n’étais pas à terre, mais j’avais bel et bien mon téléphone dans la main, près à appeler quelqu’un à l’aide. J’ai longtemps hésité à joindre la personne dont le numéro était déjà sélectionné, mais qu’allais-je bien pouvoir lui dire sans qu’elle ne croie que ce n’était qu’un « plan », une vulgaire technique d’approche genre « j’ai fait un cauchemar, je peux venir dormir avec toi » ?
Je n’ai pas appelé. J’ai finit par me rendormir (avec un certain mal quand même) jusqu’à ce que mes chats décident que j’avais assez dormi. Mais je ne me souviens pas avoir eut aussi peur de ma vie. Cette nuit, je serais à un moment ou un autre obligé de dormir, je vous avoue que ça me fait flipper un max d’avance…
C’est grave docteur ?